Une espèce est dite envahissante ou invasive lorsqu'elle s'est établie et se reproduit naturellement dans un domaine géographique dont elle n'est pas forcément originaire. Elle devient un agent de perturbation et nuit à la diversité biologique. Ces espèces peuvent perturber complètement les milieux et être source de désagréments pour la santé publique ou les activités humaines (qualité de l'eau, irrigation, pêche, réactions allergiques, transmission de maladies...)

    Sur l'Eure, peu d'espèces invasives sont réellement bien implantées, mais il est important de les connaître afin de surveiller leur évolution et pouvoir réagir rapidement si elles commencent à coloniser les milieux.

La renouée du Japon  (fallopia japonica)


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Le ragondin et le rat musqué


    Originaires d'Amérique du Sud pour le ragondin et d'Amérique du Nord pour le rat musqué, ils ont tous deux été introduits en France dans des fermes d'élevage, se sont échappés pour diverses raisons, et sont présents actuellement dans toute la France.

Description :
    Le ragondin a une tête et un corps de 42 à 63 cm, une queue conique et nue de 30 à 40 cm, et pèse de 4 à 10 kg. Il est de couleur brune, a des incisives oranges, et des pattes postérieures palmées. On trouve le ragondin au bord des cours d'eau, étangs et marais, il est herbivore. La femelle a deux à trois portées par an de 5 à 7 jeunes qui atteignent leur maturité sexuelle vers 6 mois. Le rat musqué est de plus petite taille, de 25 à 35 cm, à une queue poilue et aplatie latéralement de 20 à 27cm, et pèse de 0,6 à 2 kg. Il vit dans les mêmes milieux que le ragondin et est herbivore. La femelle a 3 à 4 portées par an de 3 à 7 jeunes.

Conséquences sur le milieu :
    En consommant la végétation aquatique et celle des rives, ces deux espèces réduisent la surface des herbiers utilisés par les oiseaux et poissons lors de la reproduction. Ils creusent des terriers de quelques mètres de profondeur et dégradent ainsi les berges, accélèrant le colmatage du lit et en mettant en périls des ouvrages (piles de ponts, digues...). C'est également un ravageur de cultures (maïs, blé) et de prairies.

Moyens de lutte :
    Le ragondin est tellement implanté dans toute la France qu'il n'est maintenant plus possible de l'éradiquer. Cependant des moyens peuvent être mis en place pour limiter leur prolifération : Les cultures peuvent être protégées en évitant simplement de les implanter à proximité des cours d'eau et laisser une bande enherbée naturelle suffisamment large. La meilleure protection contre les terriers est d'avoir une végétation ligneuse (arbres) sur les berges qui stabilise les berges par son système racinaire.
La destruction du ragondin est possible lorsque ceux-ci provoquent des dégâts importants. Le piégeage peut être effectué à l'aide de cages pièges en respectant certaines règles (cages spéciales homologuées, élimination sans souffrance des animaux... se renseigner auprès de la fédération des chasseurs du département).

Avant juillet 2007 il fallait obtenir un agrément auprès de la préfecture pour pouvoir piéger les ragondins. Depuis, la réglementation a évolué et tout personne peut piéger les ragondins et rats musqués à condition d'avoir l'accord du propriétaire du terrain.

 Le ragondin peut être porteur d'une maladie, appelée "Leptospirose" qui peut être transmise à l'homme et avoir de graves conséquences. Il faut éviter de toucher l'animal, ainsi que la terre souillée à mains nues et éviter de se baigner dans des zones qu'il fréquente. Les symptômes de la maladie peuvent être les suivants : fièvre, frisssons, douleurs musculaires, maux de tête. Ils évoluent avec des atteintes viscérales, hépatiques (jaunisse), rénales. Si vous présentez un de ces symptômes et avez pu être en contact avec des eaux contaminées (baignade, pêche, piégeage...) dans les quinze jours précédant l'apparition de ceux-ci, signalez-le à votre médecin qui pourra rechercher la présence de la maladie ou non.

Le faux robinier faux accacia  (Robinia pseudoacacia)


Originaire d'Amérique du Nord, il a été introduit en France dans les années 1600. 

Description :    
    C'est un arbre de 10 à 25 mètres, qui vit de 100 à 400 ans. Il rejette et drageonne abondamment. Le tronc est gris-brun avec une écorce épaisse profondément crevassée dans le sens de la longueur. Les jeunes branches sont épineuses. Les fleurs sont blanches en grappes. Il s'installe dans les bosquets et sur les terrains nus. Le robinier est utilisé pour la fabrication de piquets et de poteaux, c'est aussi une espèce mellifère. 
                    
robinier faux acacia

Conséquences :
    Le robinier est une espèce intéressante pour certaines utilisations, mais a un caractère envahissant et peut banaliser des boisements naturels en s'installant dans des espaces ouverts et peut empêcher les espèces indigènes de se développer.


La Jussie  (Ludwigia sp)


Originaire d'Amérique du Sud, introduite en France au 19è siècle à des fins ornementales, la jussie présente un comportement envahissant à l'échelle de nombreuses régions françaises. Elle n'est pas encore présente sur l'Eure, mais se trouve sur le Loir et la Conie. Il est important de connaître cette plante afin de pouvoir l'identifier et éviter son installation
si elle apparaissait sur le cours de l'Eure. 

Description :   
    C'est une plante aquatique aux fleurs jaunes de 2 à 5 cm de diamètre. Cette plante affectionne les eaux stagnantes, les secteurs bien éclairés favorisent sa croissance. La Jussie peut se développer jusqu'à trois mètres de profondeur et se dresser jusqu'à 80 cm au dessus de l'eau. Elle se reproduit par bouturage, le moindre fragment peut donner naissance à un nouvel herbier.

Conséquences :
    La jussie se développe en herbiers très denses et occasionne une forte perturbation sur le milieu : elle se propage très rapidement au détriment des autres plantes aquatiques, peut nuire aux espèces animales en les privant d'espace de repos, de nidification..., elle altère la qualité de l'eau et rend certaines activités difficiles voire impossibles à pratiquer (pêche, activités nautiques...)

Que faire si vous découvrez des plants de Jussie dans l'Eure ? Dans un premier temps avertir le syndicat de rivière ou la fédération de pêche d'Eure et Loir. Surtout ne pas faucarder les plantes, cela la fragmenterait et engendrait sa dissémination. Ne pas utiliser des produits phytosanitaires qui peuvent présenter des risques de pollution de l'eau. La technique est de l'arracher manuellement en évacuant tous les fragments hors du site (brûlage, enfouissage...).

La Balsamine de l'Himalaya  (Impatiens glandulifera)


Originaire de la partie Ouest de l'Himalaya, elle a été introduite en France par un botaniste anglais au XIX ème siècle, elle est souvent présente dans les jardins. On ne la trouve pas sur l'Eure, mais a un caractère très envahissant dans d'autres départements. 

Description :
    C'est une plante herbacée annuelle (disparait en hiver), qui peut mesurer de 1m50 à 2m de hauteur. Ses tiges ressemblent à celles de la renouée du Japon (tige robuste, creuse). La balsamine de l'Himalaya possède de jolies fleurs souvent roses, en grappes. Les fruits murs éclatent au moindre contact et se disséminent en très grande quantité jusqu'à 6 mètres du plant mère (ressemble aux petites impatiences que l'on trouve dans les jardins). La balsamine a une croissance très rapide.

Conséquences :
    Par sa croissance très rapide, elle colonise rapidement les milieux, empêchant les autres espèces de se développer. Lorsqu'elle disparaît en hiver, la plante laisse les berges nues, ce qui favorise leur déstabilisation (érosion).

Conseils :
    Eviter tout d'abord de planter de la balsamine de l'Himalaya à proximité de milieux naturels humides ou zones inondables. Si vous constatez la présence de plants de balsamine, avertir le SIAVE. Vous pouvez arracher le plant (selon la même technique que pour la renouée du Japon), ou effectuer une fauche mécanique très tôt (avant que la plante ne présente de fruits) et régulièrement.
Ne pas utliser de produits phytosanitaires (désherbants), ceux-ci peuvent polluer le milieu aquatique.

Le Peuplier  (Populus sp)


    Originaire d'Europe, la famille du peuplier est composée de différents individus, parmi lesquels on peu citer le peuplier noir, le peuplier d'Italie ou encore le peuplier blanc (Populus alba). Nous retrouvons fréquemment le peuplier en bordure de l'Eure du fait de sa forte utilisation à but commercial. En effet, sa croissance d'environ 13 m en 20 ans assure un bon apport en terme d'exploitation.

Description
    Les peupliers apprécient les sols humides. Ils ont tous un feuillage caduc. Les feuilles sont entières, disposées en spirales sur les branches (alternes). Leurs couleurs d'automne sont vives (jaunes en Europe, rouges aux États-Unis). Les fleurs mâles sont des chatons pendants à anthères pourpres, apparaissant avant les feuilles, en fin d'hiver. Les fleurs femelles sont en général plus petites à stigmates roses ou rouges. Elles sont fertiles de mars à mai suivant les espèces.

Conséquences :
      Le peuplier fait partie des espèces végétales non désirées en bordure de cours d'eau. Il existe de nombreuses raisons à cela :
 - racines traçantes, superficielles : faible stabilisation de la berge
 - port élevé : fermeture du paysage et déchaussement possible de l'arbre avec arrachement de berge en cas de vents forts
 - toxicité des feuilles pour les poissons vivant dans le cours d'eau
 - production de beaucoup de bois mort : branchages pouvant être responsables d'embâcles en tombant dans la rivière.


Conseils :
     Il est préférable d'éviter de planter des peupliers dans une zone comprise entre 0 et 10 m de la berge. Cette bande constituant la ripisylve de la rivière doit préférentiellement être plantée avec diverses essences locales telles que l'Aulne, le Frêne, le  Noisetier, l'Erable..., espèces adaptées dans le cas qui nous intéresse du fait  de leur enracinement profond. Il est ainsi préférable de favoriser la diversité des plantations (tailles, espèces, écartement....) plutôt que de rechercher des boisements dont l'intérêt écologique et paysager est médiocre.


Les resineux


        Originaire d'Europe ou de Méditerranée, la famille des Conifères est très ancienne : les premières forêts de ce type remontraient à quelques 300 millions d'années.

Description

    Les Conifères ont des graines souvent situées à la base d'écailles ligneuses regroupées sous forme d'épis : les cônes. La plupart des conifères possèdent des cellules sécrétrices de résine, dans leur écorce, leurs feuilles ou leur bois, d'où l'appelation courante de résineux. Au contraire du peuplier cité ci-dessus, leur feuillage n'est pas caduque mais sempervirent , autrement dit persistant (sauf pour les Mélèzes).

Conséquences :
      La famille des résineux fait partie des espèces végétales non adaptées aux bords de cours d'eau. Les raisons à cela sont :
 - des racines trop superficielles, aucune espèce n'étant adaptée aux milieux humides : faible stabilisation de la berge
 - une acidification du sol suite à la décomposition des feuilles et du bois
 - une forte demande en eau qui peut amener au tarissement  de sources ou de zones humides.

Conseils : 
     Comme pour le peuplier, il est préférable d'éviter de planter des résineux dans une zone comprise entre 0 et 10 m de la berge. Cette bande constituant la ripisylve doit préférentiellement être plantée avec diverses essences locales telles que l'Aulne, le Frêne, le  Noisetier, l'Erable..., espèces adaptées dans le cas qui nous intéresse du fait  de leur enracinement profond. Il est préférable de favoriser la diversité des plantations (tailles, espèces, écartement....) plutôt que de rechercher des boisements dont l'intérêt écologique et paysager est médiocre.