Rappel : La ripisylve est la végétation riveraine d'un milieu aquatique.
La gestion à mettre en place sur une ripisylve doit suivre un principe de base : favoriser une protection naturelle des berges en conservant la végétation existante. Une grande diversité d'espèces et d'âges des individus augmente le rôle protecteur de la ripisylve. Toute intervention doit être réfléchie et doit se faire dans un souci de protection et de maintien des différents milieux de vie présents.

Sur l'Eure la ripisylve est souvent dégradée, cet état est dû à diverses causes :

L'abandon


Une ripisylve abandonnée a pour conséquences la chute des arbres dans le cours d'eau entraînant la formation d'embâcles. 
La présence d'embâcles peut être une source de perturbations diverses :
 Attention : Les embâcles peuvent tout de même avoir un effet positif sur le milieu tels que : 

L'excès d'entretien


 L'excès d'entretien est également source de nombreux désordres souvent plus importants qu'une ripisylve à l'abandon : 

Les bonnes pratiques


L'intervention sur la végétation ne doit pas être systématique, en effet comme indiqué précédemment l'excès d'entretien cause de nombreux déséquilibres.

Un élagage léger : Il peut être utile afin de supprimer les branches basses qui gênent l'écoulement de l'eau, celles faisant pencher excessivement l'arbre vers le lit de la rivière, ou encore les branches mortes, cassées. L'élagage ne doit rester qu'une opération ponctuelle et ne doit pas endommager l'arbre.

Un recépage : Qui consiste à couper l'arbre au plus près du sol, permet de rajeunir la ripisylve.

Un débroussaillage minimum : Les broussailles présentes sur les rives servent de refuge et de nourriture pour la faune, elles permettent également de protéger les berges contre l'érosion, et luttent contre contre le ruissellement. Le débroussaillage systématique est donc inutile. Il devrait se limiter aux cas suivants : pratique de la pêche ; promenade ; sur des petits affluents où la largeur est très faible et la végétation "étoufferait" le milieu. Le débroussaillage chimique est à proscrire, l'utilisation d'engins de type épareuse ou broyeuse est à éviter. 

Un abattage sélectif des arbres : Lors d'une opération d'abattage il est fortement déconseillé d'effectuer une coupe à blanc. Les arbres présentant des signes d'instabilité et risquant de tomber dans le cours d'eau peuvent être abattus. Les souches doivent être conservées pour maintenir la berge. Le bois abattu doit être évacué afin d'éviter que celui ne soit emporté lors de crues. Une attention particulière doit être apportée aux arbres malades (aulnes atteints du phythopthora de l'aulne) : une fiche spécifique a été établie - cliquez ici. N'hésitez pas à contacter le syndicat si vous constatez des arbres malades sur votre parcelle.

Un enlèvement sélectif des embâcles : Les embâcles ne gênant pas l'écoulement de l'eau peuvent être conservés afin de créer une zone de refuge pour la faune. Par contre ceux bloquant l'écoulement et créant des barrages doivent être supprimés car ils peuvent présenter un danger (exemple ci-dessous) en période hivernale, et dégrader les ouvrages (ponts ou vannages).